Communiquer mieux sur vos recherches scientifiques internationales avec « Academic English »

14 mars 2023 par
Communiquer mieux sur vos recherches scientifiques internationales avec « Academic English »
SynHERA, Déborah TOUSSAINT


Du 30 mars au 3 avril 2026, SynHERA a accueilli une délégation du Réseau des CCTT (centres collégiaux de transfert de technologie canadiens) pour une mission construite autour de deux ambitions : consolider les liens de l'Alliance francophone de la recherche appliquée, et explorer ensemble un territoire encore peu balisé, celui du potentiel défense de nos recherches civiles.

Lundi : poser les bases, ensemble

La semaine a démarré dans les bureaux de SynHERA à l'ICAB, à Bruxelles, avec une matinée de travaux en commun entre les trois réseaux partenaires de l'Alliance francophone : le Réseau des CCTT, SynHERA et l'AFCRT, cette dernière participant à distance. Bilan des axes stratégiques, communauté de pratiques, benchmark des approches respectives, un moment de fond, essentiel pour faire avancer une collaboration qui dépasse les déclarations d'intention.

L'après-midi a pris un tour plus opérationnel avec une présentation des financements bilatéraux et européens, portée par Cristina Brandini (SynHERA) et Francisco Santana Ferra (NCP Wallonie), Horizon Europe en fil conducteur. 

La journée s'est conclue par une rencontre avec la Délégation générale du Québec à Bruxelles (DGQB), un signal fort d'une mission qui dépasse le seul monde académique.

Mardi : quand la recherche appliquée révèle son potentiel défense

Tout au long de la journée, organisée en collaboration avec l'AWEX et notamment avec l'appui de Rafaël Jaimes Contreras, centres québécois et belges se sont succédé pour exposer leurs compétences et projets réels : côté québécois, CMQ, OPTECH, Solutions Novika et CGQ ; côté belge, HEPL, Henallux, HE Condorcet, HELMo, CRM et SIRRIS. Et un constat s'est imposé progressivement, presque naturellement : une grande partie de ces travaux, conçus pour répondre à des besoins civils, possèdent un potentiel de reconversion défense évident, souvent à portée de main.

La métallurgie avancée perfectionne aujourd'hui des composants industriels: avec quelques adaptations, elle peut répondre à des exigences balistiques. Les simulateurs de médecine d'urgence développés pour la formation hospitalière trouvent une logique pédagogique directement transposable à l'apprentissage des gestes de secours en conditions de combat. Les drones et capteurs pensés pour la surveillance environnementale ou agricole ont une architecture déjà compatible avec des missions de reconnaissance militaire. La photonique, la géomatique, les systèmes embarqués : autant de domaines où la frontière entre usage civil et usage militaire est bien plus mince qu'on ne le croit.

C'est précisément ce que désigne le concept de dual use, non pas une reconversion radicale, mais la reconnaissance que des expertises existantes peuvent, avec peu d'adaptation, répondre à des enjeux de sécurité et de défense. Cette journée a mis en lumière que les Hautes Écoles belges et les CCTT québécois ont développé, parfois sans le nommer ainsi, un savoir-faire à double usage d'une réelle valeur stratégique.

Les échanges ont également intégré une présentation de la stratégie européenne de défense et de la roadmap technologique, ainsi qu'une rencontre avec AGORIA et BSDI. La journée s'est clôturée par un cocktail de réseautage, en présence de Pascale Delcomminette, Administratrice générale de l'AWEX et de WBI, une conclusion à la hauteur des ambitions soulevées dans la journée.

Mercredi : du concret, sur le terrain

Place aux visites d'entreprises et de centres, entre Namur et Liège : Coexpair à Namur, puis MPP et Becover à Liège. Une journée pour ancrer les échanges dans la réalité industrielle et mesurer ce que des collaborations concrètes pourraient produire, loin des salles de réunion, au cœur des ateliers et des labos.

Jeudi : un message d'avenir

La semaine s'est conclue de la plus belle des façons. La délégation canadienne a participé à la Journée de la reCherche en Haute École (JdCHE), organisée par SynHERA. Ils ont eu l'honneur, et nous, le plaisir, de clôturer la séance plénière avec un message ouvert sur l'avenir et les collaborations à construire entre nos deux pays. Un geste fort, qui a résonné dans la salle, et qui dit mieux que tout discours ce que cette semaine aura construit.

La recherche appliquée n'a pas de frontières, et cette semaine en aura apporté une nouvelle preuve. Entre Hautes Écoles belges et CCTT québécois, les terrains d'entente sont nombreux, les expertises complémentaires, et les projets communs, une perspective désormais bien réelle, des deux côtés de l'Atlantique.

Odoo • Image et Texte

Ces dernières semaines, notre cellule Europe a proposé aux membres de SynHERA une nouvelle formation. Intitulée « Academic English », celle-ci visait à améliorer les compétences en rédaction d’articles de revues, d’abstracts, de posters et de tous autres supports de communication scientifique en anglais. 

Écrire des articles scientifiques en anglais : c’est souvent un passage obligé pour les chercheuses et les chercheurs qui souhaitent se lancer dans des projets de recherche internationaux. Afin de les outiller au mieux, notre cellule Europe a donc mis en place une toute nouvelle formation : « Academic English ». Durant trois séances collectives, les membres de notre réseau ont ainsi eu l’opportunité d’accroître leurs compétences en la matière grâce à l’expertise d’Olaf Du Pont, Maître-assistant à l’Université de Gand.

« Nous avons démarré cette formation le 2 février. Durant celle-ci, les huit participants ont pu découvrir et pratiquer plusieurs techniques d’écriture scientifique afin de communiquer plus efficacement en anglais », explique Cristina Brandini, responsable de la cellule Europe de SynHERA. « Les trois séances collectives se sont clôturées le 10 mars. Maintenant, c’est au tour des coachings individuels durant lesquels le formateur donnera des conseils personnalisés à chacun », continue-t-elle. 

Karine Van Loon, enseignante à la Haute École Bruxelles Brabant dans le département des sciences de l’ingénieur et technologiques et dans le département des sciences de la motricité, fait partie des participants à cette formation. Pour elle, « Academic English » tombait à pic : « Pour la première fois, je suis en train de monter un projet en vue d’obtenir un financement européen. Ce genre de programme en anglais avec un focus particulier sur l’aspect scientifique est peu commun, j’ai donc sauté sur l’occasion », raconte la chercheuse. Outre le fait d’apprendre de nouvelles techniques d’écriture, Karine Van Loon indique que cette formation lui a permis d’apporter « une touche supplémentaire » à sa manière de rédiger. « En tant que scientifique, cela nous a permis d’apprendre à écrire de manière plus accrocheuse, ce qui va me permettre de retravailler mes textes dans ce sens », conclut-elle.

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