Un visage derrière la recherche - Nicole Nihant

6 mars 2026 par
Un visage derrière la recherche - Nicole Nihant
SynHERA, Alisson FORET


1. Pouvez-vous résumer votre parcours ?

Je suis titulaire d'une licence en chimie et Docteur en sciences. Lors de mon doctorat, j'ai mené une thèse portant sur l'étude physico-chimique de la microencapsulation de principes actifs protéiniques. Ce sujet interdisciplinaire m'a permis d'explorer divers domaines scientifiques, notamment la chimie, la pharmacie (en étudiant la cinétique de libération des principes actifs encapsulés), la médecine (avec des tests pratiques sur modèles animaux), ainsi que la biochimie médicale (en analysant le devenir et l'absorption des microcapsules au niveau digestif et intestinal).

Passionnée depuis toujours par la nutrition, j'ai décidé, en 1995, de reprendre des études en diététique. Une fois diplômée, j'ai travaillé en tant qu'indépendante pour le CPAS de la ville de Herve, notamment pour la maison de repos et de la crèche, tout en proposant des consultations privées.

En 2010, j'ai eu l'opportunité de rejoindre la Haute École de la Province de Liège (HEPL) en tant que maître-assistante en biochimie, puis en nutrition. Rapidement, mon parcours scientifique et mon intérêt pour la recherche m'ont permis d'intégrer des missions de recherche. Ces responsabilités n'ont cessé de croître, en parallèle avec l'engagement croissant de la HEPL dans ce domaine.

Aujourd'hui, je partage mon temps entre mes activités d'enseignement (cours de biochimie médicale et de nutrition, supervision de stages, encadrement de travaux de fin d'études) et mes missions de recherche. Ces dernières consistent notamment à rédiger et encadrer des projets de recherche, tels que les projets First Haute École (Nutrican et Lipocanel), à collaborer avec l'Université de Liège et des entreprises agroalimentaires (comme la Fromagerie du Vieux Moulin pour le projet Lactobiotique et le projet Alaferm) pour élaborer de nouveaux projets, ainsi qu’à promouvoir des travaux de fin d’étude collaboratifs entre différentes sections de la HEPL (TLM, agronomie, AESI, etc.).

Ce parcours riche et multidisciplinaire reflète ma volonté de contribuer, à travers mes activités d’enseignement et mes recherches, à faire avancer les connaissances dans les domaines de la biochimie et de la nutrition.


2. Quels sont vos domaines d’expertise ?

Mes domaines d'expertise s'articulent principalement autour de la nutrition et des sciences qui lui sont liées. Sur le plan scientifique, je me suis spécialisée dans l'étude des métabolismes, avec une attention particulière portée aux maladies métaboliques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, … . Je m'intéresse également au microbiote, en explorant son rôle crucial dans la santé humaine et ses interactions avec la nutrition.


3. Avez-vous un projet de recherche dont vous êtes particulièrement fière ?

Je ne peux pas dire que je suis particulièrement fière d'un seul projet, mais plutôt de l'ensemble du travail accompli au fil des années. Chaque projet que j'ai écrit et encadré a contribué, à sa manière, au fil conducteur de mes recherches : la valorisation du lactosérum, un sous-produit de la Fromagerie du Vieux Moulin à Herve.

Bien que plusieurs projets aient été déposés sans être acceptés jusqu'à présent, nous n'avons jamais baissé les bras. Aujourd'hui, nous attendons avec espoir la réponse pour un projet Interreg ambitieux, qui implique une collaboration transfrontalière entre la HEPL, des universités et hautes écoles belges, françaises et allemandes.

Ce parcours de persévérance, soutenu par la HEPL, a également été jalonné de multiples avancées grâce à des travaux de fin d'études, des chèques technologiques et des partenariats avec l'Université de Liège. Ces efforts nous rapprochent de notre objectif : développer une boisson fermentée à base de lactosérum, bénéfique pour le microbiote.

C'est donc cette progression collective et continue, grâce à la collaboration et de la détermination des différents partenaires impliqués, qui me rend fière et donne du sens à mon engagement en recherche.


4. Quelle est votre vision de la recherche appliquée ?

Pour moi, la recherche appliquée est avant tout un moyen de relier la rigueur scientifique à des applications concrètes et utiles. Issue d’un parcours scientifique, je suis particulièrement attirée par les aspects scientifiques et fondamentaux de la nutrition, qui permettent de comprendre et d’innover dans ce domaine.

Ma vision de la recherche appliquée repose sur l'idée que les connaissances théoriques doivent déboucher sur des solutions pratiques, que ce soit pour répondre aux besoins de l’industrie, améliorer la santé publique ou favoriser des approches durables. Cette démarche s’appuie sur une collaboration étroite entre les acteurs académiques, industriels et institutionnels.

Mon intérêt scientifique pour la nutrition se traduit par une recherche orientée sur les mécanismes sous-jacents, comme l’étude des métabolismes ou du microbiote, et par une quête constante d’innovation. Je suis convaincue que c'est grâce à cette approche scientifique approfondie que la recherche appliquée peut réellement transformer des idées en produits ou méthodes bénéfiques pour la société.

En somme, ma vision de la recherche appliquée combine ma passion pour la science et mon envie d’apporter des réponses concrètes aux enjeux actuels, notamment dans le domaine de la nutrition.


5. Quel est l’impact que vous désirez avoir sur la société à travers vos recherches ? 

À travers mes recherches, je souhaite avoir un double impact sur la société. Tout d'abord, en contribuant à développer de nouveaux produits en lien avec la santé, notamment dans le domaine de la nutrition. Ces innovations, comme une boisson fermentée préparée avec du lactosérum (sous-produit de la fabrication de fromage) bénéfique pour le microbiote, visent à améliorer la qualité de vie et à répondre aux besoins croissants en matière de bien-être, de prévention des maladies et de durabilité.

Ensuite, je tiens également à avoir un impact significatif sur les étudiants que j'accompagne. Ils sont les adultes et les professionnels de demain, et il me tient à cœur de leur transmettre non seulement des connaissances, mais aussi une méthodologie rigoureuse, une curiosité scientifique et une conscience des enjeux sociétaux. Mon objectif est qu'ils deviennent des acteurs éclairés et engagés, capables de contribuer positivement à leur tour.

Ainsi, mon impact espéré est à la fois tangible, à travers les produits issus de mes recherches, et humain, en formant des générations qui porteront ces idées encore plus loin.


6. En ​tant que partenaire du réseau SynHERA, dans quelle mesure la collaboration avec notre structure vous a été ou peut vous être fructueuse ?​

En tant que partenaire du réseau SynHERA, la collaboration avec cette structure m’a été et peut continuer à être extrêmement fructueuse grâce à un accompagnement scientifique rigoureux et éclairé. Les conseillers de SynHERA possèdent une expertise scientifique pointue, ainsi que des compétences juridiques solides, ce qui permet d’aborder chaque projet avec une vision globale et professionnelle.

Cette collaboration se distingue également par son approche humaine. Les échanges sont toujours constructifs et accessibles. Les séances d’information ainsi que les formations sont particulièrement intéressantes et bien organisées, ce qui facilite leur intégration dans mon travail quotidien.

SynHERA joue ainsi un rôle clé en apportant un soutien structurant et en permettant de progresser dans mes projets de recherche avec sérénité et efficacité. Leur accompagnement m’encourage à poursuivre mes objectifs ainsi ceux de la HEPL, tout en garantissant une qualité et une pertinence accrues à chaque étape.



Un visage derrière la recherche - Nicole Nihant
SynHERA, Alisson FORET 6 mars 2026
Archiver