Une réponse innovante à un défi de formation
Dans les laboratoires médicaux modernes, les automates occupent une place centrale. Ils permettent de traiter rapidement un flux important d’échantillons et contribuent à accélérer le diagnostic des patients. Mais cette automatisation soulève un défi pour la formation des technologues de laboratoire médical (TLM) : comment permettre aux étudiants et étudiantes de développer les compétences techniques nécessaires lorsqu’ils n’ont pas accès à ces équipements durant leur formation ?
C’est pour répondre à cette problématique que la HELMo et la HEPL se sont associées autour du projet VR Diagnostix. L’objectif : utiliser la réalité virtuelle pour reproduire des situations professionnelles et permettre aux étudiants et étudiantes de se familiariser avec l’environnement d’un laboratoire, les différentes étapes de prise en charge d’un échantillon et le fonctionnement des automates.
Les équipements utilisés dans les laboratoires sont en effet particulièrement coûteux et ne peuvent pas être facilement intégrés dans les établissements de formation. La réalité virtuelle constitue dès lors une alternative permettant de reproduire certaines situations professionnelles dans un environnement accessible, sécurisé et adapté à l’apprentissage.
Une immersion au cœur du laboratoire
VR Diagnostix prend la forme d’un environnement immersif dans lequel l’étudiant.e évolue de salle en salle et découvre progressivement différentes situations auxquelles il sera confronté dans sa vie professionnelle.
L’expérience permet de reproduire une séquence complète de travail, depuis les premières étapes, comme le lavage des mains et la réception d’un échantillon, jusqu’à sa validation, sa prise en charge, son analyse et l’interprétation des résultats fournis par l’automate.
La réalité virtuelle permet ainsi de spatialiser l’expérience professionnelle. Contrairement à un apprentissage uniquement théorique, l’étudiant.e doit interagir avec différents éléments présents dans son environnement et suivre les étapes d’un processus de travail. Cette décomposition des tâches facilite l’acquisition progressive des connaissances et des compétences professionnelles.
L’objectif n’est toutefois pas de remplacer les activités pratiques réalisées en laboratoire. La réalité virtuelle vient en complément de la formation initiale, en offrant aux étudiants et étudiantes des possibilités supplémentaires d’entraînement sur des équipements auxquels ils n’ont pas accès dans leur établissement.
Une méthodologie basée sur la simulation et le droit à l’erreur
L’un des principaux atouts du dispositif réside dans son intégration à une séquence d’apprentissage plus large. Les séances de réalité virtuelle ne constituent pas une activité isolée : elles peuvent être répétées et accompagnées de temps de réflexion, de travail en binôme et de débriefings avec un formateur.
Cette approche permet aux étudiants et étudiantes d’identifier leurs erreurs, de comprendre leurs difficultés et de recommencer l’exercice dans de meilleures conditions.
La simulation offre ainsi un véritable droit à l’erreur. Dans cet environnement sécurisé, l’étudiant.e peut expérimenter, se tromper et recommencer sans conséquence sur un échantillon réel, un patient ou le fonctionnement d’un laboratoire.
Le dispositif propose également un feedback immédiat, particulièrement intéressant sur le plan pédagogique. Les erreurs peuvent être identifiées directement au cours de l’expérience, ce qui permet à l’étudiant.e de les corriger et de progresser progressivement.
Cette approche s’inscrit dans une logique de pédagogie active : l’étudiant.e n’est plus uniquement spectateur d’un contenu, mais devient acteur de son apprentissage.
Une démarche pluridisciplinaire et évolutive
Le développement de VR Diagnostix mobilise différentes compétences. Le projet nécessite à la fois des connaissances techniques liées aux automates et à la réalité virtuelle, mais également des compétences en recherche, en communication et en collaboration au sein d’une équipe pluridisciplinaire.
Cette dimension est d’autant plus importante que les technologies utilisées dans les laboratoires évoluent rapidement. Les automates et leurs principes d’analyse sont régulièrement renouvelés, tout comme les technologies immersives. Le projet doit donc pouvoir évoluer avec ces changements.
Cette conception ouvre également la porte à de nouvelles possibilités. L’environnement virtuel n’est pas figé : de nouvelles salles, de nouveaux cas cliniques ou de nouvelles situations professionnelles pourraient être intégrés à l’avenir afin d’élargir progressivement les possibilités d’apprentissage.
Quels impacts pour les étudiants et les laboratoires ?
Les premiers bénéfices attendus concernent directement les étudiants et étudiantes. En leur permettant de se familiariser avec l’environnement professionnel et les automates avant leur arrivée en stage, VR Diagnostix vise à réduire le stress lié à la découverte d’un nouvel environnement de travail.
L’étudiant.e peut ainsi arriver en stage avec une première expérience des situations auxquelles il sera confronté. Il lui reste alors à découvrir le fonctionnement spécifique du laboratoire, plutôt que de devoir apprendre simultanément son environnement, ses procédures et la manipulation des équipements.
Cette préparation pourrait également faciliter l’intégration des stagiaires dans les laboratoires. Des étudiant.es davantage familiarisés avec les gestes et les processus professionnels peuvent devenir plus rapidement autonomes, ce qui représente également un avantage pour les équipes qui les encadrent.
L’impact attendu dépasse donc le cadre de la formation. En arrivant mieux préparés dans le monde professionnel, les futurs technologues pourraient être plus rapidement opérationnels, tout en réduisant la charge d’accompagnement qui repose sur les professionnels des laboratoires.
Une innovation au service d’une formation plus proche du terrain
À travers VR Diagnostix, la HELMo et la HEPL cherchent à rapprocher la formation des réalités du terrain en exploitant les possibilités offertes par la réalité virtuelle.
Immersion, répétition et droit à l’erreur constituent les trois piliers de cette approche. L’étudiant.e peut s’entraîner plusieurs fois, dans un environnement sécurisé et sans jugement, tout en bénéficiant d’un accompagnement pédagogique et de feedbacks.
Au-delà de l’innovation technologique, le projet répond ainsi à un enjeu concret : donner aux futurs technologues de laboratoire médical les moyens de développer progressivement leurs compétences professionnelles avant leur entrée sur le terrain.
VR Diagnostix illustre ainsi comment la réalité virtuelle peut devenir un véritable outil pédagogique, capable de compléter les dispositifs de formation existants et d’accompagner les étudiants et étudiantes vers une profession en constante évolution.
PROJET VR DIAGNOSTIX
Coordinatrice de recherche :
· Birgit Quinting - HELMo
Équipe de recherche :
· Sonia El Guendi - HELMo
· Marie-Hélène Straeten - HELMo
· Pierre Pagacz - HELMo
· Florence Quesada Calvo - HEPL
· Célia Reynders - HEPL
Projet financé par :





VR Diagnostix : la réalité virtuelle au service de la formation des Technologues de Laboratoire Médical